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Bottin des avocats

Curieux et en constante évolution professionnelle

Me Normand Boucher, Ad. E.

Par Johanne Landry

Juge administratif à la section juridictionnelle de la Commission d’accès à l’information, Me Normand Boucher a reçu la distinction Avocat émérite en 2020 en raison de sa grande compétence et d’habiletés relationnelles hors du commun qui font de lui une référence indéniable en matière d’accès à l’information et de protection des renseignements personnels.

Me Normand Boucher, Ad. E

« J’ai suivi un parcours de carrière atypique, dit-il. Je n’ai pas atteint dès le départ les objectifs que je m’étais fixés. J’ai adapté mon parcours professionnel au fil des occasions, ce qui m’a ouvert des portes et m’a finalement amené plus loin que je ne l’aurais cru. Aujourd’hui, je suis en plein cœur de l’action, au sein d’un organisme où je suis appelé à rendre des décisions, où je peux contribuer à ma façon, avec ma personnalité, ma couleur et mes connaissances, à faire avancer la règle de droit en matière de protection des renseignements personnels et d’accès à l’information, un domaine d’actualité et en développement. »

Du notariat jusqu’au Barreau

Au début des années quatre-vingt, MNormand Boucher a étudié en communication, ce qui lui a permis de développer ses habiletés de rédacteur et d’orateur, et de constater, à cette époque où les emplois se faisaient rares pour les jeunes, que d’autres voies pouvaient hausser son potentiel d’employabilité. C’est pour cette raison qu’il a bifurqué vers le droit, même s’il considérait ne pas avoir tout à fait la personnalité requise pour faire un bon avocat. « Je me sentais davantage un médiateur dans l’âme, confie-t-il, et j’ai choisi le notariat. » Ce choix l’a amené à agir comme médiateur en matière de protection des activités agricoles et à intervenir comme conciliateur à la Commission des lésions professionnelles, devenue aujourd’hui le Tribunal administratif du travail.

Après une quinzaine d’années comme notaire au sein de la fonction publique, Normand Boucher sent qu’il plafonne et évalue qu’il se réaliserait davantage s’il devenait avocat. Il s’inscrit donc à l’École du Barreau, un retour aux études qui n’était pas évident après 17 ans, avec un emploi et une vie personnelle bien remplie. Il réussit toutefois son passage, ce qui constitue par ailleurs l’une de ses grandes fiertés. « J’avais gagné le pari! J’ai été admis au Barreau en 2001 et de nouvelles portes se sont ouvertes », raconte MBoucher. Par la suite, il a voulu se démarquer et aller plus loin. Il a donc complété une maîtrise en relations industrielles et, plus tard, une formation en gestion dispensée par l’École nationale d’administration publique.  

Après avoir été conseiller juridique à Revenu Québec, il devient directeur des affaires juridiques puis directeur principal. « J’ai été gestionnaire pendant dix ans et je me suis épanoui dans ce rôle. J’aime les gens et j’aime l’aspect relationnel. »

Sa récente nomination comme juge à la Commission d’accès à l’information, en juin dernier, le plonge dans un domaine qui le fascine depuis longtemps. « Un domaine en bouillonnement, où toutes sortes de problématiques posent d’importants défis : les cyberattaques, les fraudes, les incidents de sécurité, autant que la modernisation de la législation en matière de protection des renseignements pour permettre à l’organisation gouvernementale et à l’entreprise privée de faire face aux nouvelles réalités technologiques. »

Parallèlement à sa carrière, MBoucher s’est impliqué auprès du Conseil de quartier de la Pointe-Ste-Foy dont il a été membre puis président, et où il a, entre autres, recueilli les observations des contribuables sur divers projets municipaux pour faire par la suite des recommandations à la Ville de Québec. Avec le Syndicat des professionnelles et professionnels de la fonction publique, il a défendu avec conviction la cause des jeunes qui faisaient face à la précarité d’emploi pour qu’ils puissent gagner un minimum de sécurité comme, par exemple, un accès à des concours réservés. Il s’est toujours soucié de l’évolution de la profession et a siégé au sein de plusieurs comités du Barreau de Québec et comme administrateur de l’Ordre. Il a aussi représenté le Barreau du Québec, de 2019 à 2021, au Comité consultatif sur l’accessibilité à la justice.

Dans un autre domaine, celui de la culture, il a été bénévole au Musée des civilisations du Québec pour la rédaction d’articles et pour fournir des informations aux visiteurs sur certaines expositions.

Son accession au groupe sélect des avocats émérites l’a surpris. « Que ma contribution ait été remarquée, que des gens aient pris la peine de soumettre ma candidature, de la soutenir, de faire le tour de ce que j’avais accompli pour le mettre en évidence, m’a touché. Je les remercie comme je remercie le Barreau du Québec pour cette reconnaissance », conclut MNormand Boucher.